UNE CATASTROPHE ANNONCÉE
PORT DE NDAYANE

Le nouveau Port Multi-utilisateurs de Dakar ou Port à Conteneurs ou bien Port de Ndayane, suscite beaucoup de débats. Pour nous, il est important de connaître d’abord le projet et ensuite voire les impacts négatifs et positifs. Nous allons faire une suite d’articles sur le sujet en mettant en avant les inquiétudes des populations locales qui sont les premiers concernés. C’est évidant que ce Port de Ndayane aura des impacts économiques, socio culturels et environnementaux dans la zone en général mais particulièrement dans la jeune Commune de Popenguine-Ndayane.
POURQUOI LE PORT À NDAYANE SELON DP WORLD
Depuis dix ans, Doubaï Port World exploite le terminal à conteneurs du Port Autonome de Dakar. Rappelons que ce terminal du PAD était, auparavant contrôlé par le français Bolloré.
L’objectif de DP World était d’augmenter la capacité d’accueil et la compétitivité du PAD.
Il s’est trouvé qu’après quelques années de gestion, DP World a constaté que l’actuel port de Dakar a un débit de marchandises croissant mais qu’il a des problèmes. Un tirant d’eau très limité, un manque d’espace pour une expansion et une congestion dans la ville de Dakar, pour ne citer que ces trois cas.
DP World s’est mis à chercher un site pour développer un port multi utilisateur non loin de Dakar. C’est ainsi que le groupe de Doubaï a choisi le site qui se trouve entre Toubab Dialaw et Ndayane pour des avantages que ce dernier offre : une connexion à la Zone Economique Spéciale Intégré et la proximité de l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass.
Après avoir vu le pourquoi du port à Ndayane selon DP World, arrêtons nous sur les différentes phases du Projet.
La première phase sera composée de :
– 1.0 km de quai
– 70 ha de zone portuaire
– 150 ha de zone logistique et de zone franche.
La deuxième phase comportera :
– 1.5 km de quai
– 100 ha de zone portuaire
– 150 ha de zone logistique et de zone franche.
La troisième phase sera composée de :
– 1.0 km de quai
– 70 ha de zone portuaire
– 150 ha de zone logistique et de zone franche.
La quatrième phase comportera :
– 1.0 km de quai
– 60 ha de zone portuaire
La troisième phase sera composée de :
– 1.0 km de quai
– 60 ha de zone portuaire
– 150 ha de zone logistique et de zone franche
En faisant le calcul, le Port de Ndayane prendra 960 ha de l’assiette foncière de la Commune de Popenguine-Ndayane.
Nous allons mesurer les impacts directs et indirects du port de Ndayane. Les populations environnantes du projet de ce port intérieur ont beaucoup de craintes et beaucoup d’interrogations.
les craintes des populations directement impactées.
Il n’est pas responsable de s’opposer à des projets de l’Etat qui vont offrir aux populations de meilleures conditions de vie, mais il est également légitime que les craintes soient exprimées.
Le port de Ndayane a certes des avantages mais aussi des impacts directs et indirects sur les secteurs d’activités : la pêche artisanale, le tourisme, la culture, l’agriculture, le foncier et l’environnement.
Les populations de la commune de Popenguine-Ndayane veulent que l’État tienne compte de l’avenir de leurs enfants.
Elles ont des interrogations et des craintes.
Les craintes sur la pêche artisanale :
Ndayane est un village traditionnel de pêcheurs «LEBOUS». Ici la pêche est un métier, un héritage.
L’économie maritime comprend tous les secteurs d’activité liés à la mer comme le tourisme, les produits de la mer, le transport maritime et la sécurité maritime.
Dans le cadre du SDAU, plusieurs équipements majeurs sont programmés dont une industrie de transformation des produits halieutiques et un équipement portuaire. Ces équipements sont essentiellement tourné vers : les activités de pêche, les activités de transport maritime, les activités touristiques (port de plaisance).
De Toubab Dialaw à Ndayane, le port prendra 3 km du littoral. L’activité portuaire va ralentir voir même tuer la pêche artisanale qui est la première source de revenu de la localité. Avec ses 300 pirogues motorisées dont la plupart sont basées entre Joal et Djifère, le port à conteneurs risque d’accentuer ce déplacement, cet exode. Les femmes qui travaillent sur la transformation des produits halieutiques vont voir leurs projets tomber à l’eau.
Les eaux froides qui remontent des grands fonds marins sont très riches en sels minéraux, ce qui favorise un milieu propice à la vie marine. Ce pendant, la zone de Poponguine, avec ses rochers, est reconnue être un site de reproduction. La pollution sonore due aux mouvements des gros navires, entrainera la fuite des juvéniles.
Les pêcheurs n’ont pas encore trouvé des réponses à ces questions.
Les craintes environnementales :
Selon les spécialistes, le drainage se fera sur une profondeur de 18 m sur 1km de long, ce qui peut provoquer le changement des courants et la remontée des eaux.
Notons que Ndayane est en dessous du niveau de la mer, l’érosion côtière et les inondations menacent les quartiers de Tilène, Keuri Kao et les belles plages de Thioupam à la lagune de la Somone.
La pollution va influer sur la qualité de l’air, des prélèvements se font actuellement sur le site. A cela s’ajoute prés de 1000 camions qui devront circuler régulièrement pour amener les matériaux de construction.
Le port se trouve sur un site arboré très dense est composée de nebeb, bokh, rène, nar ndoun, aay,
soob, kaad et baan. Ces arbres qui sont la base de la pharmacopée, deviendront introuvables.
A cela s’ajoute prés de 1000 camions qui devront circuler régulièrement pour amener les matériaux de construction.
Les craintes pour le tourisme :
La beauté du site côtier, la baignade, la navigation de plaisance, la pêche sportive, constituent des thèmes largement développés dans les documents publicitaires et montrent le rôle essentiel de la mer dans les facteurs géographiques de localisation du tourisme. Les températures généralement élevées des masses d’eau tropicales rendent favorables les pratiques balnéaires.
Les hôtels : Fleur de Lys, , Iris, La Pierre de Lisse, Guédiou Ndayane, Terre d’Afrique qui sont les plus proches de l’AIBD, seront rayés de la carte touristique du Sénégal. Des centaines de travailleurs vont perdre leurs emplois. Les artisanes, les maraichers et les pêcheurs perdront un marché très important. L’école de danse africaine de renommée internationale, Ecoles des Sables va disparaître.
Monsieur Babacar Mbengue, propriétaire de La Pierre de Lisse se désole « j’ai quitté la France pour venir travailler dans mon pays. Je me suis sacrifié pendant 26 ans pour que cet hôtel arrive à son apogée. Doubaï construit des hôtels de dernière génération de puis quelques années et est devenu une destination de choix. Nous, au Sénégal nous allons détruire le tourisme sur la petite côte. Avec le port je vais tout perdre. Jusqu’au moment que je parle, aucune autorité n’a pris contact avec moi officiellement».
Dans un prochain article, nous développerons les craintes des populations sur les impacts du port sur l’assiette foncière de la commune.
ALASSANE FAYE.poppengune.info













Tuer le tourisme sur la petite côte? Il est déjà mort. Mais il serai dommage de saccager ces endroits encore préservés.
Erosion côtière en perspective ?
Les études d’impact on elle été effectuées par une ingénierie compétente….
Rappelez vous la désinvolture pour la création d’une brèche dans la Langue de Barbarie… C’est édifiant !
Il faut raser tous ces villages archaiques constitués de baraques et surpeuplés. Et les reloger dans des conditions plus décentes. Quand aux 2 ou 3 petits hotels ayant pignon sur le domaine public maritime c’est à leurs risques et périls. La loi est dure mais c’est là loi, on vous avait bien dit pas de construction car bail révocable à tout moment. Mais comme « bof c’est l’Afrique », on fait ce qu’on veut quittes à mettre la main à la poche quand « ils nous emmerderont ».
Simple rappel (quand même!) : il faut un permis de construire pour construire… Alors, qui a délivré ces permis, d’après vous ?
L’autorisation d’occuper est uniquement un droit de jouissance, ce droit d’usage peut faire l’objet d’un retrait à tout moment et c’est pourquoi l’article 12 de la Loi n°76-66 du 2 Juillet 1976 portant code du Domaine de l’Etat Spécifie : «elles n’autorisent que des installations légères, démontables ou mobiles n’emportant pas emprise importante du domaine public ou modification de son assiette. Leur retrait ne donne lieu au paiement d’aucune indemnité.»