59 ANS D’INDÉPENDANCE
Pourquoi le Sénégal est pauvre…après 59 ans d’indépendance

Faux départ du Sénégal : ruse de la France et chantage des Etats-Unis
En une série de quatre contributions (ère de chaque président sénégalais), nous allons expliquer l’histoire du Sénégal pour mieux comprendre pourquoi des décennies après l’indépendance, nous sommes toujours pauvres. Pour contrôler un pays, il faut s’assurer de contrôler sa monnaie, son armée et lui forcer à signer des accords qui ne l’arrangent pas. C’est ainsi que nous commencerons par l’ère du président Senghor pour montrer ce que nos deux partenaires (la France et les Etats-Unis) ont signé avec le Sénégal.
En 1960, 17 pays d’Afrique subsaharienne, dont 14 anciennes colonies françaises, acquièrent leur indépendance, dont le Sénégal. Cette indépendance devait être la rupture totale entre le Sénégal et l’ancien colonisateur. Il n’en a rien été. Quand un pays est indépendant, il doit normalement être souverain dans tous les domaines. Il doit être en charge de sa défense, sa justice, sa diplomatie, sa monnaie entre autres, telles sont les conditions nécessaires pour une souveraineté nationale.
Contrôle de l’armée et de la monnaie
Plusieurs accords furent conclus entre la France et le Sénégal, car il faut une coopération entre les deux pays qui ont, après tout, une longue histoire. Cette coopération asymétrique permet de constater que la décolonisation est, en effet, inachevée. C’est ainsi que l’ancien colonisateur signe l’accord de transfert de compétences le 22 juin 1963.
Cet accord permettrait à la France de représenter le Sénégal là où le Sénégal n’a pas de représentation. Parmi ces accords, on retrouve aussi l’accord de coopération monétaire qui résultera à la création du FCFA. Quelques pays avaient refusé, comme la guinée de Sékou Touré, qui décida de sortir de la zone CFA, et Sylvanus Olympio, qui était aussi contre cette monnaie, mais il sera assassiné. Quand ils ont créé le franc CFA, il fallait créer des banques centrales et la majorité des administrateurs étaient des Français. Ils en ont profité pour réviser plusieurs accords monétaires comme le nombre de représentants au sein du Conseil d’Administration et les lieux des sièges des banques centrales. La France s’est assuré d’avoir la mainmise sur notre politique monétaire et cela résultera d’une décision unilatérale de dévaluer le franc CFA en 1994.
En matière de défense, la France avait signé un autre accord de coopération. La France organisera et encadrera notre armée et elle mettra à la disposition du Sénégal ses officiers et sous-officiers pour former nos militaires. La France, sur demande de l’ancienne colonie, pourra intervenir militairement pour défendre le pays concerné. D’après une étude menée sur les coups d’états en Afrique, il s’avère que plus de 65 % des coups d’état ont pris place dans les anciennes colonies françaises. Si ces pays ont signé des accords militaires avec la France, comment se fait-il que la France n’ait pas pu intervenir pour les éviter ? L’accord de défense, prendrait-il en compte le leader qui défend les intérêts français ?
Enfin, nous devons aussi rappeler qu’en 1959, le crédit octroyé au Sénégal par la France était de presque 1,5 milliards de FCFA, en 1960, il était de 2,2 milliards et la subvention arachidière était de 2,7 milliards de FCFA. Dans la même année, la France décida de ne plus financer nos dépenses de fonctionnement, mais seulement de nous accompagner dans les projets de développement.
Le capitalisme américain : quid pro quo
Connu pour leur capitalisme et pour défendre leurs intérêts, les Etats-Unis étaient le second partenaire du Sénégal durant l’ère du président Senghor. Ils étaient notre second fournisseur avec 6 % des parts du marché et des investissements de plus de 8 millions de dollars dans l’exploitation minière et le raffinement pétrolier.
Pendant que la situation financière était chaotique avec la grande sècheresse des années 70, les Etats-Unis en ont profité pour nous dicter leurs lois. Notre déficit commercial était de 300 millions de dollars alors qu’auparavant, ce déficit n’était que de 150 millions de dollars. La situation de la finance publique était agonisante et le gouvernement sénégalais n’était pas en mesure de payer les salaires des fonctionnaires, qui représentaient 44 % des salariés. Pendant ce temps, le Sénégal avait envoyé des troupes au Liban et au Zaïre et cela nous a valu l’aide des Etats-Unis qui disaient soutenir toute nation pauvre qui allait contribuer aux opérations de maintien de paix. Il faut rappeler que les fonds des pays arabes pour cette guerre avaient été récupérés par la France qui ne donna aucun franc au Sénégal.
En ce qui concerne l’assistance militaire, les Etats-Unis n’avaient fourni au Sénégal que moins de 50 000 dollars, car il fallait être clair, les Etats-Unis ne voulaient dans aucun cas faire croire au Sénégal qu’il pouvait compter sur eux militairement. Les accords militaires déjà signés avec la France restaient en vigueur et si le Sénégal veut être aidé militairement par les Etats-Unis, il fallait d’abord annuler les accords avec la France.
Avec un service de la dette estimé à 60 millions de dollars, le Sénégal souffrait et ne pouvait pas trop compter sur la France, il fallait se tourner du côté des Américains. C’est ainsi que les Etats-Unis nous avaient octroyés plus de 83 millions de dollars à travers divers programmes. Cela n’était toujours pas suffisant vu que cette somme serait décaissée graduellement. Il fallait trouver de l’argent.
C’est ainsi qu’un prêt de 60 millions de dollars fut signé, avec l’aide la Citibank et plusieurs autres pays. Les termes du prêt étaient : une durée de 7 ans à un taux variable entre 2 % et 2,5 %. Après avoir extensivement étudié tous les projets, les fonds étaient clairement repartis selon les besoins. Nous allons citer quelques exemples : 10 millions de dollars pour la SAED pour l’irrigation des terres et augmenter la production de riz pour les cinq prochaines années, 3,1 millions de dollars pour la SODEFITEX et 10, 7 millions de dollars pour l’électrification rurale.
Nothing is free (rien n’est gratuit.) disent les Américains. En contrepartie de ce prêt, il fallait signer des accords avec les Etats-Unis. Plus de préférences commerciales, le Sénégal ne va plus privilégier les produits français, il fallait considérer les produits américains. Le Sénégal n’est plus autorisé à discriminer contre les produits américains et au contraire, il fallait promouvoir les produits américains. Il fallait aussi donner la priorité aux investisseurs américains dans l’agro-industrie et le tourisme et il fallait aussi mettre l’aéroport de Dakar à la disposition des Américains en cas de guerre.
Pour l’utilisation de l’aéroport, il faut noter que le président Senghor en a profité pour faire réparer la piste, car il a dit que les avions de guerre américains qui y atterrissaient avaient endommagé la piste. Les Américains en tant que bons négociateurs ont dit au Sénégal que les avions militaires français comme les jaguars et le KC-135 utilisaient la même piste. Ils ont dit que pour des raisons purement techniques, ils pouvaient refuser d’honorer cette requête, mais qu’ils vont l’honorer, car le Sénégal est un « bon élève ».
Malheureusement pour le Sénégal, il avait déjà pris un faux départ en signant des accords dont il n’avait pas trop le choix. Il fallait signer ou se faire déstabiliser par les pays voisins. Le président Senghor qui aimait la France aussi, leur a facilité beaucoup de choses. À 74 ans, Senghor était fatigué et passa le relai au président Diouf. Nous verrons quels accords furent signés par le président Diouf.
Mohamed Dia/xibaaru.sn













Que de chiffres, que valent-ils sachant la rigueur Sénégalaise. Je finance la scolarité d’un élève Sénégalais et l’etat Français tant critiqué dans l’article y contribue à hauteur de 66%. En contre partie l’établissement scolaire est incapable de me dire ce que je dois à ce jour, voilà une des raisons de l’etat de pauvreté. Ailleurs, j’ai développé un outil de gestion pour un autre établissement, c’était le foutoir après un an de gestion. Alors obstinez vous à critiquer les pays qui vous viennent en aide, et continuez de fêter.
De toute façon,ce sera toujours de la faute des autres…et surtout de la France…
c’est toujours la meme rengaine mais ils continuent de tendre la main et ne se mettent pas au boulot, ahurissant le nombre de jours non travaillés, les absences non justifiées…..et le manque de serieux au travail…
La synthèse fait apparaitre que le pays n’était pas prêt à prendre son indépendance il y a 59 ans ,car « l’aide » des pays FRANCE ,USA ,CHINE existe encore !!…
seront ils prets un jour ???? il faut se mettre au boulot, nos grands parents et nos parents ainsi que nous avons bossé entre 50 et 40 h par semaine, combien d’heures ils bossent au senegal
Bonne independance au SENEGAL
Bonne interrogation pour le bilan post-independance.
S’il est vrai que la volonte de la FRANCE de garder une certaine influence sur ses anciennes colonies » le pre carree africain » , il faut tenir compte du contexte, c’etait une autre epoque, dans une ambiance de guerre froide.
Le bilan n’est pas fameux, mais faut-il concentre uniquement les aspects negatifs sur les relations avec la FRANCE, a ma connaissance dans les premieres decennies apres l’independance les pays lies avec la FRANCE se developpait tres vite, le SENEGAL par rapport a la GUINEE CONAKRY et la COTE-D’IVOIRE par rapport au GHANA.
Ensuite la situation a changer pour des raisons multiples macro-economiques, la grande secheresse de 1973 qui a affectee l’ensemble du sahel, la crise petroliere la meme annee qui a ete un frein a la croissance mondiale, la crise de l’endettement affectant un grand nombre de pays du tiers-monde.
De plus statistiquement l’Afrique en general est le continent qui affiche le plus grand retart de developpement compare aux autres continents, je pense en particulier aux pays asiatiques et surtout le vietnam apres 40 annees de conflit avec la FRANCE jusqu’en 1954 et les ETATS-UNIS jusqu’en 1975 et une mauvaise experience du communisme pendant 10 ans apres le depart des americains, aujourd’hui le VIETNAM s’en sort tres bien avec des resultats economiques flateurs comme dans l’ensemble des pays de la zone.
La situation du SENEGAL n’est pas desesperee, la critique s’est bien, mais c’est maintenant qu’il faut faire les bon choix, et cibler les priorites dans les investissements dans les secteurs ou le pays affiche des retarts au regard des criteres internationaux ( l’education, la sante, les infrastructures, les regles de la bonne gouvernance, la bonne gestion des ressources, je pense en particulier de la nouvelle donne pour le SENEGAL avec le demarrage de la production petroliere en 2021 et gaziere en 2022) une opportunite a ne pas rater.
Surtout que le contexte a change, grace a la presence de multiples et nouveaux partenares economiques, la CHINE premier investisseur et deuxiemes partenaire economique apres la FRANCE et la situation peut encore evoluer grace a la monter en puissance chaque annee de ce pays, peut-etre la prochaine grande puissance mondiale, d’autres pays partenaires jouent un role de plus en plus grand au SENEGAL, LES USA, LE ROYAUME-UNI,je pense a la BP dans l’exploitation future du gisement gazier geant a cheval sur la frontiere SENEGAL-MAURITANIE, en cooperation avec COSMOS societe independante americaine originaire du TEXAS.
Tous les rapports economiques marquent la perte d’influence flagrante de la FRANCE en Afrique tout pays confondus alors c’est maintenant qu’il faut en profiter, pour chaque etat de multiples choix et opportunites s’offrent a eux, a condition de prendre les bonnes decisions et de gerer scrupuleusement leurs pays.
Maintenant c’est un amour sans limite pour la France,prêt à tout pour venir toucher les aides ,Macron leur ouvrant grands les bras afin de garder le RN comme opposant principal et être réélu facilement
pas pour travailler… meme pas 35h…. surtout pour toucher les aides et faire venir toute la famille et ça me gave de payer des impots pour encourager tout ça
Stephane
Avec une bonne partie des écologistes qui vont rejoindre le pouvoir en place, donc un boulevard pour la prochaine réélection de monsieur MACRON. 😢
Donc un boulevard pour Marion en 2027.
on peut en rever, mais ils s’allieront tous pour faire barrage !!!
59 ans d’indépendance et de pauvreté !
C’est encore de la faute des français !
Ils sont partis et nous ont lâchement abandonnés !
Faut pas rêver… sans un minimum d’autonomie en sciences et technologies AUCUN pays au monde ne peut être vraiment durablement « riche ».
Sauf.. si on a la chance d’avoir des hydrocarbures en très grande quantité (et ne pas être fâché avec les USA) et cela n’est pas éternel.
Une économie solide et viable ne peut être basée sur les importations, l’agriculture (la pluie), le petit commerce, la vente de matières premières, les taxes et impôts, c’est de l’utopie. Il faut une forte industrialisation boostée par la recherche et le développement, l’innovation technologique.
En résumé, tant qu’on ne verra pas en grande quantité plein de produits finis et industriels « made in Senegal », dont une bonne partie proposée à l’export, notre économie sera toujours pauvre et fragile.