À L’ÉDUCATION NATIONALE, ON NIE…
Harcèlement sexuel au Sénégal : «mon professeur me retenait après les cours»

Une étude de Human Rights Watch révèle de graves abus d’enseignants qui exigent de leurs élèves des faveurs contre de l’argent ou des bonnes notes.
Cela a commencé par des regards insistants, des sourires, puis des mots susurrés à l’oreille. Marie (le prénom a été changé) s’est laissée faire, innocemment. « J’étais jeune, 17 ans, et puis… c’était mon professeur,glisse-t-elle. J’avais envie d’apprendre et l’histoire-géo me passionnait. » Un jour, il lui a proposé de la raccompagner chez elle après les cours, dans le quartier de Pikine, en banlieue de Dakar. Dans la voiture, il essaie de la toucher, de l’embrasser. « J’avais peur. Il était costaud et le soir tombait. Si j’avais crié, personne ne m’aurait entendue. » Elle parvient à le repousser, à sortir du véhicule. Puis ce fut l’enfer.
« Il me harcelait quotidiennement, me disant qu’il m’aimait, me retenant après les classes », confie-t-elle, la tête droite mais les yeux rivés dans les bosquets. Malgré son travail et ses bons résultats au premier trimestre, il lui donne des notes de plus en plus mauvaises, « par vengeance », admettra-t-il plus tard. « Même le principal m’a interpellée, intrigué par la chute de ma moyenne. Mais je n’ai rien dit. » A ses parents non plus elle ne fournit pas de raison. Six mois durant, elle craint d’aller à l’école, frôle le décrochage scolaire. « Même le week-end, quand je prenais des cours de renforcement dans d’autres matières, je le trouvais au lycée. Cela me déstabilisait profondément. »
Une situation intenable à laquelle viennent s’ajouter les avances d’un second professeur, celui de physique-chimie. Un homme marié qui lui assène son amour dès qu’elle passe devant la salle des profs. « Je n’en pouvais plus. J’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de les confronter, menaçant de révéler leur comportement au principal, un homme intègre », raconte-t-elle. Ils ont pris peur, ont cessé de l’importuner quelque temps, avant de reprendre l’année suivante. Elle finit par tout révéler à ses parents et décide de changer de lycée. « J’ai perdu mes camarades mais j’ai préservé ma scolarité. »
Grossesses précoces
Toutes les jeunes Sénégalaises ne peuvent pas en dire autant. Selon une vaste étude publiée par Human Rights Watch jeudi 18 octobre, Marie est loin d’être un cas isolé. Les actes de harcèlement et d’abus sexuels seraient même récurrents dans les écoles du pays, menant à de nombreuses déscolarisations et grossesses précoces. Le rapport de 98 pages, intitulé « Ce n’est pas normal : exploitation, harcèlement et abus dans des écoles secondaires au Sénégal », évoque de graves abus d’autorité de la part d’enseignants qui exigeraient des faveurs sentimentales ou sexuelles contre de l’argent, des bonnes notes, des téléphones portables, des vêtements neufs ou le règlement des frais de scolarité.
« Le Sénégal manque de mécanismes de protection contre ce type de comportements en milieu scolaire », explique Elin Martinez, chercheuse de la division « droits des enfants » à Human Rights Watch et auteure de l’étude : « Si le pays a de manière louable reconnu que la violence sexuelle est un problème sérieux dans ses écoles, l’arsenal juridique est encore trop faible. » Le Code pénal sénégalais n’inclut pas d’infraction pénale spécifique pour quiconque a des relations sexuelles avec des mineurs. La législation ne stipule pas non plus d’âge minimum pour le consentement sexuel. Seuls les actes de violence sexuelle commis sur des enfants de moins de 16 ans sont considérés comme des infractions passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement.
« Or le consentement du mineur pose problème », avance Nafissatou Seck, membre de l’Association des juristes sénégalaises, qui fait de l’accompagnement juridique et judiciaire aux victimes de violence sexuelles :
« Un enfant a de nombreuses raisons de se taire. Surtout qu’au Sénégal, nous avons des coutumes qui maintiennent dans les familles la loi du silence. Il y a bien souvent une stigmatisation de la victime et de ses proches. Les questions de sexualité sont encore très taboues et il n’est pas évident de dénoncer publiquement ce qu’on a subi. »
Bien que se raréfiant, les mariages précoces sont encore courants dans le pays. Ce n’est pas la seule menace qui pèse sur les enfants. A Saly ou Cap Skirring, deux stations balnéaires de la côte, le tourisme sexuel, même avec des mineurs, est un phénomène visible. Bien souvent, la honte ou l’argent force les familles à se taire. « Les parents déclenchent les procédures puis se rétractent, par peur ou par manque d’argent », soutient Nafissatou Seck.
Engrenage infernal
L’étude de Human Rights Watch, qui a permis de révéler des dizaines de cas de harcèlements et de viols à travers 160 entretiens de jeunes filles, n’a encore levé qu’un coin du voile. « Vu le nombre de cas que nous avons rencontrés rien que dans les écoles visitées à Dakar et en Casamance, on peut supposer que la situation est grave dans toutes les régions », note Elin Martinez.
Supposition confirmée par Ndeye Fatou Faye, psychologue du Centre de guidance infantile et familiale de Dakar (Cegid), qui prend en charge les victimes de violences : « J’ai parcouru pendant deux ans et demi le Sénégal en accompagnant psychologiquement 300 enfants victimes d’abus sexuels. Je peux vous assurer que le phénomène est national. » Le ministère de la santé, qui avait publié en 2016 le chiffre officiel de 3 200 cas de viols déclarés, tous âges confondus, est donc encore loin du compte.
Marie, aujourd’hui 25 ans, s’épanouit dans ses études de bureautique grâce au courage qui lui a permis de briser la loi du silence et à sa famille, qui a su bien réagir. Mais elle est consciente qu’elle a échappé de peu à un engrenage infernal. « Je connais une fille en Casamance, d’où je viens, qui a été mise enceinte par son professeur. Il a refusé de reconnaître l’enfant. Elle a dû quitter l’école à 15 ans pour travailler et survivre. » L’enseignant, lui, est toujours en poste.
Amadou/dakarbuzz.net
REGARDEZ LA VIDÉO: https://youtu.be/-QmXF_D_pbM













A l’attention de Me Nafissatou SECK:
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Maître, il est urgent de légiférer et de sanctionner par des peines très fortes les abus sexuels sur Mineurs.
Le CEGID est un organisme composé de psychologues très efficaces.
Un article comme celui ci aurait il été possible il y a dix ans ? NON
La parole se libère, enfin!
Béatrice BRUN
Saly………(vous avez compris….)
oui malheureusement,ca existe !!! que faire?…expliquer aux parents de mettre en garde leurs enfants !!!!pas si compliqué que cela meme au Sénégal!!! faire des circulaires! a mettre dans toutes les écoles college etc etc vous trouvez tout ca compliqué???? a mettre en place ? l education doit se faire a la MAISON point.il y aura toujours des dérives mais savoir dire NON c est pas difficile !!! et parler,dénoncer les pervers !!! mais tout cela releve et je me repete pardonné moi de l EDUCATION des ENFANTS PAR LEURS PARENTS…. bonne journée
Pas seulement Vavat ! Certains jeunes sont très sensibles, facilement impressionnés par des adultes ayant autorité sur eux, et il n’est pas toujours facile de se confier à ses proches, même ses propres parents. Se confier à un/une psychologue est probablement moins perturbant car il n’y a pas de liens affectifs ; et ce sont des professionnels. En ce sens, Béatrice Brun a raison.
donc si je vous comprends bien….on doit laisser faire ?NON !!!justement le dialogue est possible pas vrai ? sinon c est a désesperer de tout !!! partout cela éxiste et j en suis conscient, chez-nous il y a « balance ton porc » et au Sénégal cela pourrait …………………………….s intituler…. « balance ton prof » qu en pensez vous? mais je suis persuadé que cela va évoluer dans le temps!!!Rome ne s est pas construit en un jour ! allons y pour mon SLOGAN.. »BALANCE TON PROF » merci bonne journée
Ce scandale d’harcèlements et d’abus sexuels dans l’Education Nationale Sénégalaise n’est pas nouveau…
Il a déjà été dénoncé par Human Right Watch en 2014 et en 2016 et ça perdure grave avec un rapport de 98 pages… Le Rapport de H.R.W en 2016 sur l’exploitation des enfants talibés au Sénégal ne faisait que 16 pages, pour comparaison…
Un scandale qui perdure, parce que l’Education Nationale ne fait rien avec son ministre Thiam qui en a rien à foutre et ne fait rien pour virer ces pourritures de maitres abuseurs d’élèves enfants….
Que ces affaires de viols sur mineures en milieu scolaire sont pratiquement niées et étouffées par les autorités en faisant pression sur les familles majoritairement pauvres, ignares et soumises …
Parce que les parents ne font aucune recommandation, avertissement et éducation sexuelle à leurs enfants parce que le sujet de la sexualité entre adultes et enfants est toujours un sujet tabou et interdit, très bien entretenu par les autorités, par les religieux et autre marabouts rétrogrades…
Parce que la toute puissance des mecs en robe et des maîtres scolaires en particulier, est encore respectée et que les enfants n’osent pas s’opposer aux personnes ayant autorité et on ne leur pas appris à se révolter contre de telles agressions contre leurs corps …
Parce que le statut de la femme et de l’enfant au Sénégal, est tout simplement inférieurs à la toute puissance des hommes au Sénégal et qu’ils n’ont que le droit de se taire et de subir les volontés des mâles qui ont les cerveaux entre les jambes…
Ce qui rappelle, une vidéo qui avait fait scandale en 2012 sur Internet, filmée par un jeune stagiaire dans une mairie du Sénégal : Un fonctionnaire de 55 ans qui soulève la robe et sort la culote d’un jeune fille de 15 ans transite de peur , les bras croisés sur son torse et qui la couche à même le sol de son bureau et qui la viole sans un mot, sans préliminaire, sans caresses, jusque pour se vider les couilles et se rhabiller, toujours sans aucun mot… Le fonctionnaire se serait fait virer de la Mairie ???
Mais combien, d’autres violeurs restent en poste, après avoir abuser d’enfants qu’on leur a confié, en particulier dans l’Education Nationale au Sénégal, ce qui est une abjecte réalité dénoncée !
N’en déplaisent aux adeptes de Marc Dutroux, qui nient cette triste réalité dans les écoles sénégalaises…
Le jour, où les femmes et les enfants seront respectés au Sénégal, tu me téléphones !
Certes, VAVAT, vous avez raison.
La parole, libératrice , est timidement en Marche, mais le rôle des psys est important !
Le service à Fann Hôpital, possède de psychologues . C’est un très bon Service.
Ils savent, écouter, entendre, trouver les bons mots, pour que la personne, traumatisée, se réassure en elle même.
XX et ISSA GIBB : en phase complète avec vos commentaires.