Général – Sénégal Black Rainbow https://www.senegalblackrainbow.org Tue, 28 Sep 2021 05:39:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.3 145175315 RECENSEMENT NATIONAL EN 2023 https://www.senegalblackrainbow.org/2021/09/28/recensement-national-en-2023/ https://www.senegalblackrainbow.org/2021/09/28/recensement-national-en-2023/#comments Tue, 28 Sep 2021 05:39:05 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=38633 Le Sénégal recensera sa population en 2023

Le Sénégal procédera au cinquième Recensement général de sa population et de l’habitat (RGPH-5) sur toute l’étendue de son territoire, dans le courant du deuxième semestre de 2023, a-t-on appris lundi de source officielle.

Selon un décret signé par le président sénégalais rendu public lundi, l’objectif du RGPH-5 est de mettre à la disposition de l’Etat sénégalais et des acteurs de développement, des « données statistiques récentes et exhaustives » pour une meilleure planification du développement économique, social et environnemental, ainsi qu’un suivi évaluation régulier des politiques et programme de développement.

Toutes les personnes physiques et les habitants se trouvant sur le territoire sénégalais vont être recensés lors du dénombrement, indique la source.

Le dernier Recensement général de la population et de l’habitat du Sénégal remonte en 2013. Selon les projections démographiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la population du Sénégal de l’année 2020 s’élève à 16.705.608 habitants, soit une hausse de l’ordre de 3% comparé à l’année 2019.

peopledaily.com

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MONTÉE EN FLÈCHE DES SUICIDES https://www.senegalblackrainbow.org/2021/09/17/montee-en-fleche-des-suicides/ https://www.senegalblackrainbow.org/2021/09/17/montee-en-fleche-des-suicides/#comments Fri, 17 Sep 2021 05:54:25 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=38506 915 cas de suicide enregistrés au Sénégal (Rapport OMS)

C’est l’organisation mondial de la santé (OMS) qui donne les chiffres effrayants dans un de ses rapports. 800.000 cas de suicide sont enregistrés par an dans le monde, dont 915 enregistrés au Sénégal. Les formes de suicide les plus fréquents notées dans notre pays sont l’intoxication volontaire, la pendaison, le suicide par précipitation dans les puits et le suicide par le train.

Selon le rapport, le Sénégal compte peu de structures spécialisées dans la prise en charge de la santé mentale. L’un des rares établissements existants, le Centre National Psychiatrique de Thiaroye, est confronté à un manque de personnel médical et aussi à des difficultés d’ordre financier.

xibaaru.sn

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COMBIEN DE SENEGALAIS ? https://www.senegalblackrainbow.org/2021/08/12/combien-de-senegalais/ https://www.senegalblackrainbow.org/2021/08/12/combien-de-senegalais/#comments Thu, 12 Aug 2021 15:51:44 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=38131 Le nombre d’habitants au Sénégal en 2021 dévoilé

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a publié son rapport pour présenter la structure de la population du Sénégal. L’ANSD, qui a publié les chiffres de son rapport 2020, a également publié une projection pour l’année 2021 sur le nombre d’habitants au Sénégal.

D’après l’agence, la population de l’année 2020 s’élève à 16 705 608 habitants, soit une hausse de l’ordre de 3% comparé à l’année 2019. Le nombre de femmes (8 391 358, soit 50,2%) est légèrement supérieur à celui des hommes (8 314 250, soit 49,8%). D’après les projections de l’ANSD sur son site officiel, le nombre d’habitants au Sénégal en cette année 2021 sera de 17 215 433 (8 649 066 femmes et 8 566 367 hommes).

Au regard de la structure par âge, la population sénégalaise en 2020, comme les années précédentes, est caractérisée par sa jeunesse. La moyenne d’âge est de l’ordre de 19 ans, rapporte pour sa part Libération online.

D’un point de vue géographique, la population est inégalement répartie sur le territoire national, avec 54,82% de Sénégalais qui résident en milieu rural. La région de Dakar, pour sa part, concentre à elle seule 23% de la population totale du pays selon ce rapport de 2020, soit un peu moins d’un quart de la population.

Les régions les moins peuplées sont Kédougou (1,1% de la population), Sédhiou (3,4%), Ziguinchor (4,1%), Kaffrine (4,4%) et Matam (4,4%).

Mouhamed Cam/senenews.com

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JOURS DE DEUIL AU SENEGAL https://www.senegalblackrainbow.org/2020/08/03/jours-de-deuil-au-senegal/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/08/03/jours-de-deuil-au-senegal/#comments Mon, 03 Aug 2020 09:29:55 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=33307 Série de décès au Sénégal : Quand le pays perd ses grands hommes

La fête de la Tabaski a coïncidé à un week-end noir au Sénégal.
Pour cause, Cheikh Ahmed Tidiane Niasse Khalife de Medina Baye, Moussa Dia Dia Khalife de Mbeuleukhé, Gora Ngom et Mansour Kama ont perdu la vie entre vendredi et dimanche
Mais il faut dire que cela dure quarante jours. Ces dernières semaines ont, en effet, imprimé une marque sinistre pour le pays.
La série noire continue pour le Sénégal avec la disparition d’éminentes personnalités dont Pape Malick Sy, le ministre Bamba Ndiaye, Babacar Touré, Kader Diop, Reine Marie-Faye, Ousmane Sow Huchard, PrAlioune Badiane, le khalife de la famille Ibou Sakho.
Ainsi, le pays perd à une vitesse incroyable beaucoup d’identités remarquables.
2020 aura été certainement l’année ayant enregistré le plus décès de personnalités publiques.
XALIMANEWS

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OÙ DÉRIVE LE SENEGAL ? https://www.senegalblackrainbow.org/2020/07/23/ou-derive-le-senegal/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/07/23/ou-derive-le-senegal/#comments Thu, 23 Jul 2020 13:55:30 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=33127 Sénégal: Macky Sall dans un océan de problèmes

​Le Sénégal traverse une crise multifactorielle qui laisse croire qu’il n’y a pas un chef à la tête de l’Etat. C’est comme si la crise sanitaire liée au coronavirus avait ouvert la boite de Pandore. Tellement, en un laps de temps, les problèmes se sont accumulés au point de laisser croire qu’il n’y a pas de remèdes possibles pour les résoudre. A l’instar d’un bateau dont la coque serait trouée en divers endroits, le navire Sénégal prend eau de toutes parts et, si l’on n’y prend pas garde, il risque de subir le même sort que le gigantesque Titanic dont les passagers étaient conscients de leur mort imminente.
D’abord, le taux de positivité lié à la pandémie à coronavirus explose au moment où le laxisme de l’Etat, l’indifférence et le déni permanent des populations font croire que le covid-19 est un souvenir lointain. Aujourd’hui, on assiste à un relâchement inquiétant des Sénégalais relativement au respect des gestes barrières. Une attitude d’autant plu irresponsable que les taux de contamination et de mortalité prennent l’ascenseur. on assiste à une forme de démission de nos autorités sanitaires. C’est d’ailleurs fort de ce constat que le sage de Tivaouane, le Khalife général des tidianes, Serigne Babacar Sy, a déclaré devant le ministre de la Santé avant de le répéter devant le Président Macky Sall que l’Etat a démissionné dans la lutte contre la pandémie.
Les indicateurs communautaires montrent toute la gravité de la pandémie dans notre pays. a la date du 20 juin, le Sénégal était le 8e pays du continent africain le plus affecté par le covid-19, le 3e au niveau de la Cedeao et le 2e dans l’Uemoa. Le taux de létalité présente une situation quasi-analogue. 9e au plan continental, le Sénégal occupe la 2e place dans l’espace Cedeao et trône à la première au sein de l’Uemoa. C’est donc dire que la situation épidémiologique est catastrophique dans notre pays même si nos autorités sanitaires laissent croire que tout va bien dans le meilleur des mondes possibles. Et aujourd’hui si l’espace Schengen a fermé ses portes au Sénégal, c’est dû en grande partie à notre tableau épidémiologique pas du tout reluisant. Certes notre pays ne présente pas un tableau plus catastrophique que le Maroc et l’Algérie mais il faut savoir que d’évidents critères économiques ont pesé lourd dans le choix des pays admis dans l’espace Schengen.
Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont des expansions de l’Union européenne dans le cadre communautaire de l’Union pour la méditerranée dont font partie ces pays sus-évoqués. Il appert que l’Union européenne est le premier marché émetteur de ces pays du Maghreb en matière de tourisme. Rien que ces pays font annuellement presque 7000 milliards en termes de recettes là où le Sénégal peine à glaner 500 milliards. Le choix du Rwanda est rationnel vu d’abord sa situation sanitaire. au 20 juillet, le Rwanda a enregistré 1582 cas de contamination, 834 guérisons et 5 décès. Ensuite indépendamment de ses performances en matière de sécurité, en Afrique, le pays des mille collines est la 3e destination touristique en matière de tourisme d’affaires. Toutes choses qui font donc que notre diplomatie et nos autorités sanitaires doivent trouver une stratégie qui puisse permettre au Sénégal de reprendre ses vols en direction de Schengen au lieu d’engager, au nom d’un nationalisme bravache, un faux combat de réciprocité dont l’unique perdant est le Sénégal.
Pour en revenir à la crise multifactorielle de notre pays, à la pandémie sont venus s’ajouter des problèmes politiques liés à l’indiscipline de certains responsables de l’APR. Il y a deux semaines, les sénégalais ont été choqués et estomaqués par les insultes de Moustapha Cissé diffusées sur la toile. Et comme seule réponse, le président de l’APR a fait exclure des rangs l’APR l’insulteur public. Et black-out sur les révélations faites par l’insulteur concernant des scandales financiers sur la réhabilitation du Building administratif, sur les semences destinées aux paysans, le TER. Et comme si cela ne suffisait pas, les sénégalais ont dû avaler les scandales sur fond de détournements révélés par les derniers rapports de l’IGE.
Des Sénégalais qui, à force d’assister à des scandales, ont perdu leur capacité d’indignation au point d’être mithridatisés. Les scandales impunis, vu leur multiplicité, ne scandalisent plus, n’indignent plus, n’émeuvent plus. Dans le même sillage, ils ont été étonnés d’entendre le président sommer ses ministres de faire leur déclaration de patrimoine alors qu’ils devaient se soumettre à cet exercice au plus tard trois mois après leur nomination. D’ailleurs, les ministres constituent la portion congrue des personnes qui gèrent un budget de plus d’un milliard et qui refusent de faire état de leur patrimoine. Mais sur ce plan-là, le chef de l’Etat n’est pas pédagogue parce que lui-même ne s’est pas sacrifié à cet exercice après sa réélection alors que la loi constitutionnelle l’y oblige. En vérité, le président, ses ministres et ses administrateurs de crédits n’ont cure de la loi.
Front social réchauffé
Par ailleurs, le front social se réchauffe avec les grèves répétitives du Sytjust dont le ministre de tutelle, Malick Sall, a préféré durcir le ton, engager une épreuve de force avec le Secrétaire général Boun Aya Malick Diop au lieu d’assouplir sa position. A cela s’ajoute la levée de boucliers des agents de la santé. Et aucune initiative n’a encore émané du chef de l’Etat pour trouver solution aux revendications légitimes des travailleurs. Heureusement que la présidente du haut Conseil du dialogue social, Innocence Ntab Ndiaye, a entamé une médiation entre les deux parties en conflit. Last but not least, les scandales fonciers constituent le point d’orgue des problèmes qui assaillent notre pays. partout les populations se révoltent pour avoir été expropriées de leurs terres. Le plus patent est celui de Ndingler où les autorités font du ponce-pilatisme dans le traitement de cette affaire.
Si aujourd’hui le problème s’est exacerbé au point de mettre face à face Babacar Ngom et les habitants de Ndingler, c’est parce que Oumar Guèye, ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires s’est complètement débiné pour laisser la patate chaude à ses collègues Abdou Karim Fofana et Aly Ngouille Ndiaye. Le nœud du problème de Ndingler est lié à la délimitation du périmètre communal de Sindia dont l’alors président du Conseil rural avait attribué 75 ha de terre qui n’appartiennent à sa zone. La loi ne permet pas à un maire ou ancien président de communauté rurale de délibérer sur des terres qui n’appartiennent pas à son périmètre communal ou rural. Même si aujourd’hui le patron de la Sedima dispose légalement d’un titre foncier, il est possible que l’Etat qui a titrisé les 300 ha de Djilakh et de Ndingler désaffecte ces 75 ha objets du litige et les restitue aux exploitants de Ndingler. Mais on assiste à une fuite de responsabilité des autorités étatiques mais aussi à une épreuve de force de la part de Babacar Ngom qui met son titre foncier en bandoulière pour coloniser les terres de Ndingler.
Finalement l’Etat a tranché le nœud gordien en sommant Babacar Ngom d’arrêter tous travaux sur la partie litigieuse et d’autoriser les paysans de Ndingler à aller y cultiver cette année puisque l’hivernage s’est déjà installé. mais l’Etat risque juste d’ajourner le problème foncier de Ndingler si cette période hivernale n’est pas mise à profit pour réconcilier les deux parties antagoniques en tenant compte de la légalité de l’opérateur économique Babacar Ngom mais surtout de la légitimité coutumière de la communauté de Ndingler. devant l’absence de toute perspective de solutions à ces multiples problèmes qui nous assaillent, tout porte à croire que le capitaine du bateau s’est noyé dans l’océan des problèmes qui submerge notre pays.
pressafrik.com

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MACKY SALL EN DANGER ? https://www.senegalblackrainbow.org/2020/07/17/macky-sall-en-danger/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/07/17/macky-sall-en-danger/#comments Fri, 17 Jul 2020 05:24:57 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=32976 Macky est cuit…son parti est un nid à scandales : Les sénégalais très colère contre leur president

Avec tous les conflits, scandales causés par des membres de son entourage, le Président de la République Macky Sall n’est pas encore sorti de l’auberge. On n’a même pas encore fini de parler des steaks d’oryx qui éclaboussent le ministre de l’Environnement et du Développement durable Abdou Karim Sall, de Moustapha Cissé Lô et ses injures avec la passe d’armes qui s’est déroulée entre ce dernier et Yakham Mbaye, et Farba Ngom, voila que ce dernier se signale. Farba Ngom, un autre sacré phénomène de la République !
Conflit avec la collectivité léboue de Ouakam : Farba Ngom attise le feu
Un homme qui reçoit tous les honneurs de la nation dont le seul mérite est pourtant de revendiquer d’être le « griot » du Chef de l’Etat Macky Sall. Un statut qui lui offre tous les privilèges. A l’Alliance pour la République (APR), gare à tous ceux qui n’entrent pas dans ses bonnes grâces. Cela doit-il faire de lui cependant un intouchable au point de défier toute une collectivité. A Ouakam, Farba Ngom est au centre d’un litige foncier qui l’oppose à la collectivité léboue de cette localité. Malgré les mises en garde des autochtones lébous, Farba Ngom fait preuve d’arrogance en entreprenant des constructions sur le terrain, objet du litige.
Le pire a été évité de justesse sur les lieux grâce à la promptitude des forces de l’ordre. Pourquoi s’entêter tant à vouloir de force construire sur un terrain qui fait l’objet de litige entre lui et les autochtones, alors qu’une solution peut être trouvée en privilégiant le dialogue. Farba Ngom n’en a cure. C’est lui le « griot » du Chef de l’Etat Macky Sall, il peut agir comme bon lui semble.
Voir Aussi Enlèvement en plein jour chez Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum : une plainte déposée auprès du Procureur dès demain
C’est le Chef de l’Etat Macky Sall avec ce type de personnes qui l’entourent qui n’a guère de chance. Chaque jour qui passe, son régime est constamment défié par les populations de plus en plus mécontentes, à cause d’agissements d’énergumènes comme Farba Ngom.
moussa/senedirect.tv

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CETTE RÉPUBLIQUE PARTICULIÈRE https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/13/cette-republique-particuliere/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/13/cette-republique-particuliere/#comments Sat, 13 Jun 2020 06:22:56 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=32232 La République des castes et des coteries

«La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe de religion. Elle respecte toutes les croyances». Théoriquement donc, les Sénégalais sont égaux devant le mérite qu’arbitre l’école, devant le pouvoir que régit la démocratie, devant la richesse que répartit la concurrence. Cà c’est sur le papier et c’est la Constitution qui le dit Beaux principes. Mais, dans un pays qui vante avec ferveur les problèmes d’équité et de l’Etat de droit, chacun essaie de s’affranchir des règles communes, usant de son rang social, de son carnet d’adresses.
Pour trouver du travail, s’ouvrir les portes d’une école, obtenir un rendez-vous, même médical, remporter un marché, arracher une subvention… Ces passe-droits sont d’autant plus utilisés que la société est minée par la crise qui exacerbe tout, bloque l’ascension sociale et accentue le déclassement. Du haut de l’échelle, dans les sphères du pouvoir, tout fonctionne entre castes soudées et coteries. C’est un monde de passe-droits et de privilèges, de combines et de corruption, un monde de l’entre soi et de la barbichette coupée du reste de la population. Une république ainsi noyautée par le copinage n’est plus qu’un décor à l’abri duquel une élite arrogante se croit tout permis. Les ruses prennent une autre dimension et leurs conséquences politiques, sociales et économiques nous concernent tous. Le peuple, mutilé par une précarité à tous les niveaux, de plus en plus désillusionné après deux alternances, témoin de l’entrain festif, limite orgiaque de ses dirigeants, porte en écharpe ses illusions perdues.
D’un régime au suivant, la traversée de la «haute» société sénégalaise est ahurissante. Public-privé, majorité-opposition, magistrature-armée, religieux non pratiquants, ce monde vit en vase clos, se retrouve dans les mêmes cercles ou sur les mêmes coups. L’essentiel c’est d’occuper la place. De hauts fonctionnaires se font intermédiaires ou agents d’influence, des parlementaires opérateurs économiques, avec en prime l’argent public toujours disponible pour faire des affaires privées. Dénoncés, ressassés depuis plusieurs années, les problèmes nés du foncier en général, le bradage des terres, l’occupation du littoral sénégalais en particulier, n’ont pas fait lever le petit doigt. Le domaine privé maritime, du moins son occupation, qui fait aujourd’hui l’actualité, et dont on fait semblant d’admettre la réalité accablante, est la bande de 100 mètres de la ligne de rivage à l’intérieur du continent. Réputé inconstructible sauf à titre précaire et révocable.
Toutes les constructions qui y sont érigées aujourd’hui ne respectent pas cette norme. Comment la respecter d’ailleurs, si, du grand complexe hôtelier, qui commence de ce qui est la base du Parc des Iles de la Madeleine, à la Mosquée de la Divinité, entre 2012 et 2014, une seule autorisation avait été délivrée par l’Etat, sur 19 chantiers en cours !
Pour dire l’actualité du passé, en 1993 déjà, les promoteurs de cet hôtel, avaient proposé à l’Etat du Sénégal un échange de « bons procédés ». Se voir attribuer cette base du parc des Iles de la Madeleine, contre la construction et l’aménagement de la Direction des Parcs Nationaux sise, en ces temps-là, sur cette partie de la baie de Soumbédioune. La frénésie d’avoir «les pieds dans l’eau», ferait croire que tous ces promoteurs et privés, comme des Madames Soleil, prédisant l’avenir, même d’outre-tombe, savent déjà que dans une vie postérieure, ils seront amphibies. Mais je m’égare…
Au lieu de donner le cap à une société désorientée, abattue par la crise économique à laquelle vient s’ajouter le Covid-19, la caste s’accroche à ses privilèges et les plus hardis, ceux dont l’incivilité, l’égotisme sont proportionnels à leur ignorance des règles primaires du vivre-ensemble, creusent la falaise, s’ils n’opèrent pas une ablation d’une de nos Mamelles. Pourvu que le défilé de hauts fonctionnaires qui se désintéressent du service de l’Etat continue, que leurs intellectuels aillent à la soupe, que des courtisans arrachent des prébendes au Palais de la République, si ce n’est le Palais lui-même qui les organise et les gère. C’est de cette manière qu’ils s’excusent mutuellement, retardent quelques affaires pénales, se protègent et entretiennent les vices publics. Un monde où chacun connait tout le monde et ignore le monde. Le reste peu leur chaut !
Loin d’eux cette devise, disparue du fronton des édifices publics : « Un peuple, un but, une foi ». La leur est « l’Etat, c’est pour nous ». Comment voulez-vous qu’avec cela, que ce pays ne soit pas perclus de déficits ?
Dans tous les domaines. Mais voici que cette semaine, un énorme pavé jeté dans la mer profonde de la gestion du littoral dakarois, la corniche plus précisément, fait des vagues. La question de la gestion de ce bout de territoire de Dakar, est devenue l’actualité dans les réseaux sociaux, tenant lieux de nouveaux comptoirs de café, où l’on refait le Sénégal. Avec toujours en pointillés, cette caste qui a tout du pâté d’alouette (un mélange de viande de cheval et de chair d’alouette. Ce qui est à nous ne nous appartient pas. Les règles édictées qui nous régissent doivent être les mêmes pour tout le monde. Même si, comme en grammaire, l’exception, le phénomène exceptif vise à extraire une partie d’un tout ou, plus exactement, d’un groupe initial. Qu’elle soit de droit ou grammaticale, la règle est caractérisée, si ce n’est définie, par un certain nombre de propriétés ou de qualités auxquelles les exceptions porteraient atteinte. Ainsi dit-on qu’elle est générale, impersonnelle, abstraite et qu’elle a une certaine prétention à la permanence et à la stabilité. Or, l’existence et la multiplication des exceptions, exemptions, exonérations, dispenses, dérogations, passe-droits, privilèges semblent mettre à mal ces caractères.
En visant un certain nombre de destinataires au détriment de la masse, les exceptions altèrent la généralité de la règle, gage de l’égalité entre les citoyens. En épousant chaque situation et chaque espèce, elles conduisent à une particularisation et à une individualisation des règles et, au-delà, à une segmentation du peuple. Parce qu’elles s’adaptent aux contours sans cesse renouvelés des situations qu’elles visent, elles encouragent le foisonnement et l’instabilité de la norme. Exception. Voilà que ce mot peut-être trompeur quand il est utilisé comme substantif : des lois, des régimes, des hommes « d’exception » visent ce qui est hors du droit commun, hors de la règle ou du droit ordinaire, voire hors du droit tout court.
De même faut-il se méfier du qualificatif qui en découle, « exceptionnel », qui a acquis le sens de « rare », « remarquable », ou encore de l’expression « à titre exceptionnel », qui évoque une fréquence en même temps qu’elle sonne comme une justification. La règle veut, qu’en matière foncière, la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (CCOD), soit l’unique structure nationale habilitée à valider la cession d’un terrain de l’Etat à un particulier. Cette commission, composée au minimum d’un Conseiller technique du Ministère de l’Economie et des Finances (ou des Finances selon la nomenclature du gouvernement), qui en est le Président, a en son sein, un représentant du Cadastre, un représentant du ministère de l’Urbanisme, un représentant de la Direction des Domaines, un représentant de la gouvernance ou de la préfecture et un représentant de la Mairie. Il faut aussi souligner, qu’en matière foncière, l’Etat juridiquement, possède deux types de terrains : les terrains immatriculés qui peuvent faire l’objet de cession de sa part, et les terrains non immatriculés, qui sont de ce fait, non cessibles, sauf s’ils font l’objet d’un décret de déclassement.
Le Domaine Public maritime en est. L’Etat est son propre notaire et son propre assureur. Seulement ici, ce sont les exceptions qui sont devenues la règle, au point qu’elles sont devenues l’archétype du deux poids deux mesures. Aux uns, on demande une mille-feuille de documents qui les oblige à arpenter pendant un long temps, les couloirs des administrations. Aux autres, le statut ou la puissance financière suffit. Le respect des procédures, les obligations, c’est pour les autres Et l’Etat qui, s’il était sérieux, se considérerait spolié, ne pipe mot et laisse les exceptions se propager comme ce virus à la contagiosité exponentielle qui nous inquiète tous. Léopold Sédar Senghor, affichait son horizon à l’An 2000. Abdou Diouf sous le régime duquel les « exceptions » relatives au domaine public maritime ont commencé, peut être considéré comme un sédatif après que Abdoulaye Wade est venu aux responsabilités. Lui, c’est l’excitant dont les effets secondaires traversent encore l’Etat actuel dont le Chef fait souvent appel au volontarisme et au potentiel des individus, recourant sans cesse à la rhétorique de la rupture qui se fait attendre depuis huit ans.
Face au tollé général, un communiqué officiel nous apprend que le Chef de l’Etat « a invité le ministre des Finances et du Budget, le ministre des Collectivités territoriales et le ministre de l’Intérieur de veiller au respect des règles de gestion foncière au plan national. Le Chef de l’Etat a dans cette dynamique, demandé aux ministres concernés de mettre en œuvre un Plan global d’Aménagement durable et de valorisation optimal du littoral national et de veiller, sur l’étendue du territoire à l’application rigoureuse des dispositions du Code de l’Urbanisme et du Code de la Construction ». Pourquoi maintenant seulement, alors que lui-même, avait renoncé avaitil dit, à un terrain sur la Corniche ? Quels actes seront pris à partir de maintenant ?
Sur la corniche de Dakar, aucun investissement n’a maintenu un équilibre avec la protection de la nature. Elle est bétonnée de partout. Fils et filles de la mer, les plages étaient présentes en nous. On pouvait y être du matin au soir, dans l’eau ou au soleil en attendant patiemment qu’il aille se coucher. Aujourd’hui, moins accessibles parce que privatisées, on saccage dans le même temps notre mémoire collective et nos plus profonds souvenirs. La belle corniche perd sa prestance au profit de constructions tout au bord, bouchant la vue et l’accès à la mer. Pourtant, la côte est du domaine public. Il est vain de vouloir nous boucher l’horizon quel qu’il soit, avec un rabiot promis au radoub ou du béton, une chose est sûre, les moyens pour affronter le grand large sont à notre portée.
CALAME/sudonline.sn

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SENEGAL: PACIFIQUE ! https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/12/senegal-pacifique/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/12/senegal-pacifique/#comments Fri, 12 Jun 2020 16:22:40 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=32226 Sénégal : 5e pays le plus pacifique en Afrique, 47e mondial

Sur un classement de 163 pays, le Sénégal se positionne au 47e rang des pays les plus pacifiques au monde, gagnant six places par rapport à l’an dernier.
C’est ce qui ressort des résultats de l’Indice de paix globale (Global Peace Index) 2020 repris par Les Échos qui donne la nouvelle dans sa livraison de ce vendredi.
Au niveau continental, notre pays arrive à la 5e place. Le Sénégal est devancé pa le Bostwana, le Ghana, la Namibie et la Sierra Léone. L’Islande est le pays le plus pacifique au monde.
seneweb.com

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AVIS AUX RACISTES https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/08/avis-aux-racistes/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/06/08/avis-aux-racistes/#comments Mon, 08 Jun 2020 13:13:51 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=32121 SCIENTIFIQUEMENT PROUVÉ

« Nous sommes tous africains » : L’explication taboue d’Yves Coppens

Certains ont bien du mal à se faire à l’idée, pourtant, la science est formelle : nous partageons tous les mêmes ancêtres, et ils étaient noirs.
Allez savoir pourquoi, certaines vérités scientifiques dérangent tellement qu’elles en deviennent complètement ignorées. Par exemple : nos origines. N’en déplaise aux racistes, nous avons tous les mêmes ancêtres et ces ancêtres étaient noirs, africains. Yves Coppens a beau le rappeler sur tous les tons depuis quarante ans, son message se heurte toujours au mur de l’intolérance. Laissons-lui donc ici une nouvelle chance avec cette intervention absolument passionnante.
En 2007, le célèbre paléoanthropologue (découvreur notamment de la fameuse Lucy) était invité de l’émission Les Tabous. Ce jour-là, l’émission étant consacrée au racisme, le scientifique y avait naturellement toute sa place, lui qui étudie les origines de l’homme depuis des décennies. Eh bien son passage fût, comme à chaque fois, tout à fait remarquable… Regardez :
« Tous les premiers hommes sont apparus en Afrique. Depuis, on considère qu’il y a eu 100 milliards d’êtres humains sur la Terre et ces 100 milliards, comme bien sûr les 6 milliards d’hommes d’aujourd’hui, viennent tous de ce berceau tropical africain. Tous nos ancêtre étaient Africains. Nous sommes tous africains. »
On se doute bien qu’une telle vérité fâche les racistes. Eux, des Africains ? De quoi les défriser !
C’est fou ce que la haine des différences peut rendre aveugle et obscurantiste. Heureusement que des gens comme Yves Coppens sont là pour nous éclairer.
Axel Leclercq/positivr.fr
LE REPORTAGE VIDEO: https://youtu.be/3B62pG4i8RA

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PARADOXE D’UN PEUPLE https://www.senegalblackrainbow.org/2020/05/26/paradoxe-dun-peuple/ https://www.senegalblackrainbow.org/2020/05/26/paradoxe-dun-peuple/#comments Tue, 26 May 2020 04:05:44 +0000 https://senegalblackrainbow.org/?p=31891 Le Paradoxe d’un peuple

Au Sénégal, personne n’a su expliquer le paradoxe d’un peuple si ouvert, si ingénieux, si prompt à s’adapter aux situations les plus éprouvantes, mais si désordonné et si éloigné d’une dynamique ferme et organisée de progrès. Pourquoi le sénégalais ne donne t-il le meilleur de lui-même que lorsqu’il est à l’étranger, à l’image des « lions » du football ? Qui est ce sénégalais qui doit faire le développement ? Quelles sont ses caractéristiques ? Celles-ci sont-elles compatibles avec les exigences du progrès ? En un mot, le sénégalais a-t-il une culture de l’effort, une pédagogie du développement ?
Le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d’actes positifs aux fruits palpables. La réflexion et la conception ne sont certes pas des exercices qui font défaut au Sénégal où se multiplient à un rythme ahurissant les ateliers de conception, de restitution, de capitalisation ou de validation, les séminaires, conférences, assises, fora, symposiums, journées de réflexion, semaines ou quinzaines de promotion, retraites, rencontres, sommets, etc. Les résultats d’envergure que le foisonnement de ces rencontres met en droit d’attendre ne se font pas sentir concrètement. Pour Henri BERGSON, « originellement, nous ne pensons que pour agir.
C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité ».On fait un tapage pour la construction d’échangeurs alors que des pays théoriquement moins avancés que le Sénégal comme le Mali, le Burkina Faso et même la Guinée ont déjà réalisé ce type d’infrastructures sans tambours ni trompettes. On pense être les champions de la démocratie et les experts de l’Alternance alors que le Mali et le Bénin ont déjà réalisé une double alternance. De manière générale, le Sénégalais pense qu’il est plus éveillé, les autres étant des « ndrings » (guinéens), des « gnaks » (africains du centre principalement) ou des « naars » (mauritaniens et maghrébins par extension). A l’intérieur du pays, le wolof (ethnie numériquement dominante) pense qu’il est plus « civilisé », les autres étant des lak-kats (personnes qui parlent une langue autre que le wolof). Ces dérives conduisent au cloisonnement des forces, au narcissisme, à la suffisance, à l’arrogance et à l’immobilisme.
Le Sénégalais n’est pas prompt à l’investissement et à la production. Dans sa recherche du gain facile et rapide, il cantonne généralement son action au petit commerce, d’où la multiplication, à un rythme supersonique, des souks sur le territoire national. Or, il n’y a pas de richesse durable sans production sécurisée. Cette production doit susciter un progrès soutenu : il faut aller du « développement de la production à la production du développement ».
La production nécessite en effet des capitaux importants, des ressources humaines qualifiées et des stratégies d’action ardues. La réalisation de bénéfices destinés à fructifier cette production est liée à l’écoulement des produits donc à leur compétitivité. L’insertion dans le système productif appelle, par conséquent, un esprit de méthode, de patience et de persévérance contrairement au petit commerce ou les recettes sont, en principe, immédiates. L’épargne privée est tournée vers des secteurs improductifs ou égoïstes comme le bâtiment, les cérémonies familiales ostentatoires et la polygamie abusive.
Le parasitisme familial est aussi un frein à l’investissement privé. La seule personne qui travaille dans la famille est tenue de nourrir ses frères, cousins, oncles, beaux-frères etc. qui se complaisent parfois dans cette situation de perfusé. L’ampleur de l’économie informelle est révélatrice du primat de l’individualisme sur la volonté consciente et organisée de développement collectif. En plus de se soustraire à l’obligation citoyenne d’acquittement de ses charges fiscales, l’acteur de cette économie chaotique, au lieu de s’associer à ses semblables dans l’optique d’investissements substantiels, susceptibles de créer de la richesse et des emplois, se préoccupe de revenus personnels quotidiens. Et lorsqu’il amasse un peu d’argent, il cherche à acheter un visa pour l’Italie ou l’Espagne.
Le Sénégal est l’un des pays les plus aidés de la planète. Les partenaires au développement se bousculent dans les villages les plus reculés, mais on ne voit vraiment pas l’impact de leurs actions, proportionnellement aux sommes énormes annoncées. Certaines ONG excellent dans l’art de l’instrumentalisation des populations déshéritées et la « perdiemisation » du monde rural. Boladji OGUNSEYE constate que « la relation de mendicité à l’égard des bailleurs de fonds a engendré un gros problème.
Comme les ONG africaines s’acharnent à suivre les donateurs comme des missiles autoguidés sur les traces de l’avion-cible, il ne leur est généralement pas possible de s’engager dans des actions de remise en cause du plan d’action pré-établi, même en cas d’inadéquations criantes sur le terrain ». Les partenaires au développement, pour la plupart, sont donc revêtus d’un « manteau clair-obscur » et munis d’un couteau à double tranchant pour : tantôt soulager la misère des masses déshéritées, tantôt s’appuyer sur le dos de ces mêmes indigents pour s’enrichir, transformant ainsi « la lutte contre la pauvreté en une lutte contre les pauvres ».
La marche du Sénégal vers le progrès est profondément gangrenée par l’indiscipline banalisée, le laxisme toléré et, de manière générale, le refus de l’ordre. La sacralité du service public est régulièrement et impunément bafouée par les retards désinvoltes, l’absentéisme, le bavardage dans les bureaux et la corruption. Partout, la règle est la même : peu le matin et rien le soir. La pauvreté rend les hommes aigres et aigris.
Tout membre du groupe social qui réussi est combattu par pure jalousie, à moins qu’il soit un bailleur de fonds naïf, distribuant gracieusement de l’argent aux charognards qui lorgnent ses biens. A l’intérieur d’une même famille, d’un même service, on s’entretue à coup de maraboutage. On met les pieds dans le plat lorsqu’on n’est pas invité au repas. Comment peut-on construire un progrès sain dans une atmosphère sociale aussi viciée ?
La politique est certes peu compatible à la morale, mais le Sénégal a battu plusieurs records en matière de coups bas, de mensonges publiques et de déloyauté. L’absence de conviction idéologique explique la transhumance politique cavalière. On s’attache non pas à des principes, mais à des personnes ou plutôt à leur argent.
Dans un mépris mesquin du peuple, d’intrépides politiciens changent de veste et de discours, du jour au lendemain, au gré des intérêts financiers, sans conscience ni vergogne, donnant ainsi à une jeunesse fragile, le mauvais exemple de l’opportunisme et du situationnisme. La citoyenneté demeure vacillante, tout comme le sentiment d’appartenance nationale. On s’identifie plutôt à une famille, une ethnie, une caste, une confrérie. Souvent, on est prêt à tout pour le marabout et rien pour l’Etat. Les croyances fantasmagoriques et le recours abusif au mysticisme conduit au recul de la raison, de la confiance en soi et de l’effort. « L’Africain explique ce qui se déroule autour de lui par l’action des forces occultes, justifie les fléaux par la colère des dieux et place les événements heureux à l’actif des marabouts et des féticheurs». De nombreuses personnes ont publiquement expliqué le mauvais résultat de l’équipe nationale du Sénégal face à celle du Togo, par un mauvais sort qu’aurait lancé sur les joueurs des marabouts évincés et d’anciens membres de la fédération limogés.
L’impunité, l’absence d’une culture du bilan, le primat des calculs partisans sur l’exemplarité de la sanction, constituent une invitation au laxisme dans l’action publique. Le ministre ou le directeur d’une entreprise publique nouvellement nommé ne fait pas de déclaration publique de patrimoine. A son éviction, il effectue une passation sommaire de service à la place d’une nouvelle déclaration de patrimoine et d’un bilan administratif et financier détaillé, apprécié par les autorités judiciaires. En l’absence de contrôle, le ministre utilise les biens publics à des fins privées ; il se rend aux cérémonies familiales avec la voiture de fonction, parfois accompagné de motards de la gendarmerie nationale, y fait des dépenses insolentes ou effectue sa campagne électorale anticipée le weekend, avec le même véhicule de l’Etat.
Comme dans tous les pays africains, les ressources sont détenues par une élite politique avide au détriment des masses laborieuses qu’on s’emploie à aduler et à corrompre à l’approche des élections, dans le cadre du phénomène bien connu de la « marchandisation du vote ».
Malheureusement, on n’observe aucune prémisse d’un sursaut national, d’une introspection critique, d’une remise en question de soi, d’un mea culpa constructif. Au contraire, on note l’insouciance, l’engouement pour la récréation et le folklore. Même le deuil est l’occasion de mangeailles festives. Dans toutes les villes du pays, des centaines de mendiants à la fleur de l’âge errent dans les rues, pieds nus, à des heures tardives, initiés au gain facile, soumis à la tentation du vol, exposés aux dangers du choléra et de la pédophilie. Personne ne s’en offusque, personne ne réagit ; on préfère discuter de politique et de football…
Le drame c’est que le Sénégal, un pays qui regorge de ressources humaines, a parfaitement les moyens de se sortir d’affaire. Mais le problème, c’est moins le Sénégal que le Sénégalais. Il va donc falloir réformer le matériel humain, reconstruire les mentalités, briser les chaînes de l’ignorance, relancer la moralité citoyenne et l’éthique républicaine. L’éducation est impérieuse dans cette optique ; malheureusement les autorités la confinent à une conception presque exclusivement scolaire. Éduquer un homme, c’est aussi l’aider à grandir dans la dignité, lui apprendre à se battre pour lui-même, pour sa famille et pour son pays.
ALMAMY CISSOKHO, POLITOLOGUE, SPÉCIALISTE EN GOUVERNANCE LOCALE/sunugox.info

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